Il y a un Français au PSV, et personne ne le sait. Manuel Da Costa Trinidade, arrivé de Nancy cet été, affronte Bordeaux avec Eindhoven. Né et formé à Nancy, ce Portugais d'origine – il a justement opté pour les Espoirs lusitaniens – est passé de Marcel-Picot au Philips Stadion et à la Ligue des Champions. Pour l'instant, ce jeune de 20 ans, cantonné au banc depuis le début de la saison, apprend sous les ordres de Ronald Koeman, le mythique stoppeur néerlandais. Pour devenir un grand ?
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Football.fr : Manu, quelques mois après votre départ de Nancy, vous revoilà sur une pelouse de Ligue 1...
Manuel Da Costa Trinidade : Ca fait plaisir de revenir sur un terrain de France, me montrer un peu. Attention, je n'ai rien à prouver, je l'ai déjà fait avec Nancy l'an passé. Je viens jouer un match de Ligue des Champions tout simplement. Je regrette juste que ma famille ne soit pas présente à Chaban-Delmas. Nancy-Bordeaux, ça fait quand même loin.
Ronald Koeman vous a-t-il demandé des renseignements sur les Girondins ?
Non, on ne joue pas en fonction de l'adversaire. Le coach s'est renseigné, mais ce n'est pas à moi de décrire le jeu bordelais. Ce que je sais, pour avoir joué contre eux l'an dernier, c'est que Bordeaux a une défense de fer. Il faudra forcer le verrou sans pour autant se découvrir. Jouer compacte pour ne pas être pris en contre.
D'autant qu'il faudra revenir avec un résultat après votre nul contre Liverpool (1-1)...
Si nous perdons, il faudra ensuite battre absolument Galatasaray. Mais pour en revenir au match contre Liverpool, c'était exceptionnel. Au Philips Stadion, les supporters chantent pendant tout le match. Contre Liverpool, c'était la folie. Je n'avais jamais ressenti de tels frissons.
« Je suis remplaçant, et c'est normal ! »
Après 3 mois à Eindhoven, quel bilan personnel faites vous ?
Je dois avouer que c'était dur de quitter ma famille. C'est la première fois que je vis sans mes parents. A Nancy, je vivais en famille. A présent, je suis bien installé dans mon appartement. Dans le groupe, il y a quelques francophones qui m'aident : l'Ivoirien Koné et le Belge Simmons. Pour l'instant, je n'ai pris que deux leçons de flamand. Avec la prononciation, c'est pas facile (rires) !
Sur le terrain, il semble que l'entraîneur tienne à vous « préserver ».
Je suis remplaçant, et c'est normal ! J'ai seulement 20 ans et je dois patienter pour jouer titulaire. Je le sais car les dirigeants m'avaient prévenu. Pour l'instant, je ne me plains pas du tout. En Coupe des Pays-Bas d'ailleurs, j'ai eu ma chance et ma prestation a été très bonne.
Quelle particularité possède le football néerlandais ?
Au niveau de l'entraînement, je trouve que c'est totalement différent. On me l'a expliqué et je le remarque chaque jour : les exercices avec ballon sont quasiment omniprésents. Même les séances tactiques se réalisent avec la balle. Forcément, l'entraînement est plus sympa... Et puis dans les tribunes, c'est vraiment animé, à Eindhoven mais dans les autres stades également.
« J'ai opté pour les Espoirs portugais. J'en rêve depuis tout le temps »
Où en est le PSV après 4 journées de championnat ? Quelles sont les forces de cette équipe ?
Trois victoires pour une défaite, c'est un bon début, d'autant que notre jeu est plaisant. Il y a beaucoup de nouveaux joueurs, donc nous cherchons tous nos marques. Mais vraiment, ce qui ressort de cette équipe, c'est son état d'esprit. Elle se bat à 100 %, du début à la fin. Et l'expérience est présente, avec les cadres essentiels que sont Cocu, Gomes ou Alex.
Pour en revenir à vous, vous êtes bien Français !
Bien sûr ! Je suis né à Nancy (à Saint-Max en réalité, dans la banlieue nancéenne, ndlr) mais j'ai la double nationalité. Je suis Franco-Portugais, avec même des origines marocaines pour être précis. J'ai opté pour la sélection Espoirs portugaise avec qui je dispute les Eliminatoires de l'Euro. Il n'y a pas moyen, depuis que je suis né, je rêve de jouer sous les couleurs de la Seleçao. C'est l'amour du Portugal, tout le monde connaît le patriotisme lusophone...
De quelle manière s'est déroulé votre recrutement ?
Je savais que certains clubs me suivaient, mais je ne me doutais pas que c'était le PSV. Et puis par la suite, j'ai trouvé leur proposition intéressante, d'autant que le club a souvent déniché de grand talent (Romario, Ronaldo, Robben ou van Nistelrooy sont notamment passés au club, ndlr). Le PSV, c'est un club très sérieux, très professionnel. Comparé à Nancy, c'est un autre monde.